Paru aux éditions Traceuses en septembre 2025, L’Amour bezzef est un recueil de poésie cousu main qui dévoile blanc sur noir l’écriture intime et politique de Lila Lakehal. Sa voix désenfouit les récits oubliés et silenciés des sien·ne·s, des ancêtres d’Algérie aux lignées de femmes qui peuplent ses imaginaires. Ce texte dense et incantatoire tisse motifs et temporalités pour recréer une mémoire individuelle et collective viable. Ici les mots deviennent talismans, viatiques, grenades, amphores d’une archéologie féministe et décoloniale, mue par un même désir : changer le seum en miel. C’est aussi le premier recueil de poésie publié par les Traceuses, maison d’édition artisane normande co-créée par des personnes qui fabriquent des livres avec leurs mains et quelques machines, en tirage limité.
Lila Lakehal est née à Alger et écrit, parle, cherche et chante à Grenoble. Dans ses langues diasporiques affleurent des hantises identitaires, des soulèvements de genre. Elle publie depuis plusieurs années dans diverses revues et s’invente des avatars de création poétique et vocale expérimentale, Mashi Miskina et Taos Omri, dans le sillage de l’oralité kabyle. Ses pratiques queerisent les frontières entre texte et voix : écrire, c’est faire chanter le silence et parler c’est écrire à haute voix. Elle anime des ateliers d’écriture chez Anagramme et aux Machines, dont « Le Rire des méduses » en mixité choisie, et œuvre au sein du collectif radiophonique La Bouche, qui monte le son de la création musicale et littéraire des femmes et minorités de genre sur Radio Campus Grenoble, une fois par mois.
Mercredi 14 janvier à 19h, entrée libre, accessible PMR
