Comment s’organiser de manière horizontale quand les rapports de pouvoir sont omniprésents, y compris dans les milieux antiautoritaires ? Depuis la fin du XIXème, ce paradoxe a mis au travail les discours et les pratiques politiques des anarchistes et des autonomes. L’autrice Manon Him-Aquilli retrace l’histoire de ces débats, depuis les premiers congrès de l’internationale antiautoritaire de Bakounine jusqu’aux AG de lutte contre le contrat premier embauche de 2006. Elle montre comment cette histoire continue de produire des effets aujourd’hui : aussi bien sur la forme qu’il faut donner à ces rencontres pour atteindre l’horizontalité, que sur les relations que les militant·es y tissent. Elle analyse en détail des échanges qui ont eu lieu lors d’assemblées militantes des années 2010, et observe comment le dispositif des tours de parole passe sous silence le fait qu’une prise de parole est toujours aussi une prise de risque. Elle se demande finalement pourquoi un discours tenu en assemblée fait, ou non, autorité.
Manon Him-Aquilli est maîtresse de conférences en sciences du langage à l’Université Marie et Louis Pasteur. Elle fait et a fait partie de différents collectifs autogérés avec lesquels elle a participé à de nombreux mouvements sociaux en France ces vingt dernières années. Elle a par ailleurs co-écrit, avec Cécile Canut, Caroline Panis et Félix Danos, l’ouvrage Le langage, une pratique sociale. Éléments de sociolinguistique politique et elle est actuellement membre du comité de rédaction de la revue Tracés. Revue de sciences humaines.
Le livre est publié aux excellentes éditions du Commun et la totalité des ventes de ce livre est reversée à la Scops, lieu autogéré bisontin
Mercredi 24 juin à 19h , entrée libre, accessible PMR
