mars 2026

De l’éducation au travail. En finir avec l’économie de la promesse Precarious Workers Brigade

rencontre
De l’éducation au travail. En finir avec l’économie de la promesse  Precarious Workers Brigade - Les Modernes - librairie Grenoble

Plutôt qu’une force de transformation sociale, l’enseignement supérieur semble devenir le lieu d’une acculturation à la précarisation du travail qui caractérise les formes d’exploitation contemporaines. Les étudiant·es apprennent davantage à répondre aux attentes du marché du travail qu’à s’en émanciper, au sein d’une économie de la promesse qui incite à accepter aujourd’hui les bas salaires et le travail gratuit dans l’espoir d’obtenir demain l’emploi de ses rêves.

À la fois essai critique, manifeste politique et boîte à outils pédagogique, cet ouvrage aux éditions 369 présente la traduction, inédite en français, d’un texte de la Precarious Workers Brigade. Elle s’enrichit d’un entretien avec la sociologue du travail gratuit Maud Simonet, d’un article sur la professionnalisation de la politiste Laurène Le Cozanet et de ressources sur le travail de l’art et son enseignement en France. À l’injonction de se montrer toujours plus employable, les auteur·ices répondent en célébrant la solidarité et l’organisation collective.

La Precarious Workers Brigade est un groupe de travailleur·ses précaires de la culture et de l’éducation basé au Royaume-Uni. Actif de 2010 à 2019, le collectif a été impulsé par des chercheur·ses, des enseignant·es, des curateur·ices, des artistes et des designers. Il développe une pensée par le faire et ses recherches concernent les conditions de travail dans le secteur culturel et éducatif, le rôle de l’enseignement supérieur dans la normalisation de la précarité, l’institutionnalisation de la précarité et la corporatisation des arts, et les solidarités avec d’autres métiers. Le collectif a signé des entretiens, des essais, des conférences, des outils et des textes non académiques variés, et mené de nombreux ateliers pratiques.

Laurène Le Cozanet est chercheuse à l’Institut universitaire européen (Florence) et membre associée du Centre d’étude des mouvements sociaux (EHESS, Paris). Après une thèse de science politique sur la professionnalisation des études universitaires, elle s’intéresse au rôle des universités en Europe aujourd’hui ainsi qu’à l’histoire et aux régulations des « croisements de fichiers ».

Maud Simonet est directrice de recherche en sociologie au CNRS. Ses recherches menées en France et aux États-Unis portent sur le travail bénévole, le volontariat, le workfare et plus largement sur les processus d’invisibilisation du travail et les formes et enjeux contemporains du travail gratuit.

L’ouvrage a été traduit de l’anglais par Julia Burtin Zortea. Il est préfacé par Silvia Federici.

Julia Burtin Zortea est autrice, journaliste et traductrice. Elle s’intéresse à la (dé)construction des savoirs, à la matérialité de la vie, à la violence notamment patriarcale, aux mobilisations collectives et aux manières de (se) soigner. Elle traduit, depuis l’anglais et l’espagnol, des ouvrages de sciences sociales, souvent des essais hybrides. Elle écrit des récits fondés sur des enquêtes de terrain comme Aujourd’hui, on dit travailleur·ses de l’art (369 éditions, 2022). Après avoir participé à diverses aventures éditoriales en collectif (journal Article XI, revue Jef Klak), elle est membre de la revue féministe Panthère Première.

Soirée de lancement avec Julia Burtin Zortea, Maud Simonet, Laurène Le Cozanet, la vie gagnée et 369 éditions.

369 éditions produit des livres et des rencontres pour penser et agir dans le monde d’aujourd’hui. 369 publie des manuels qui décrivent des alternatives politiques, et des essais qui déclinent l’enquête sous toutes ses formes.

Vendredi 27 mars à 19h, entrée libre, accessible PMR